vendredi 24 août 2018


Dans le train, je réalise que c'est olfactivement que le voyage m'a usée. J'avais hâte de retrouver mes odeurs personnelles, ne plus être prise par les lessives d'autrui, les maisons d'autrui, les vents d'autrui, les ingurgitations et dégurgitations d'autrui, de la ville, ma peau et mes cheveux étouffaient, j'étouffais. J'avais mal au nez. Je ne pouvais plus des parfums capiteux assortis aux bijoux de ces vieilles femmes dans les bouches de métro, les effets de cologne sur les hommes qui m'empêchaient de ressentir la réalité. Même des odeurs des restaurants, je n'étais plus attirée. La fleur d'oranger, et le musc rosé m'ont permis "de tenir" l'été une année de plus. Et, en attendant, j'idéalisais le retour, rendant la grâce la plus belle à celle que l'on voit pourtant comme la moins parfumée des villes. Et pourtant, l'odeur de Marseille, et tout va mieux.


Je sais qu'en écrivant cela, j'appuie légèrement sur la corde sensible davantage que si j'avais parlé d'autres sensorialités, parce que le nez serait la finesse plus que la vue qui est grossière et donnée à tous, soit-disant. Mais tous les sens peuvent être de valeur égale, il suffit de "s'écouter".




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