dimanche 8 octobre 2017

Pellicule

Il y a une pellicule fine qui enrobe ton corps / there’s a slight pellicle that embeds your body
Et je la soulève et j’y découvre ton nom. / I heave it and I discover your name.
Il y a une pellicule fine qui voile tes yeux, / there’s a slight pellicle that veils your eyes,
Tes cils, tes mains, le toucher de ta peau, / your lashes, your hands, the touch of your skin,
Des parcelles entières de vie qui s’agglomèrent, / entiere parcels of life that are agglomerating,
Des espérances toutes petites qui s’opèrent, / very small hopes operating,
Des joies sans forme qui attendent,  / shapeless joys waiting,
Une patience et des joies, des espérances et un corps. / a patience and joys, hopes and a body.

Une dentelle moirée sous l’aspect brisant de ton regard, / an iridescent lace under the break form of your glance,
Une parcelle boisée qui sur tes pupilles au beurre, / a woody parcel that, on your buttery pupils,
Des monticules de vie qui s’agitent qui prennent corps. / mounds of life agitating are come alive.
Des particules de vie qui désirent, de la vie qui sort, / particles of life that desire, life that goes out
Il y a une couverture d’espoir sur la chevelure, / there’s a blanket of hope on your hair,
Une paupière fragile, une sorte de riche panure,  / a fragile eyelid, a kind of rich breadcrumb
De tes doigts curieux à la montée des eaux,  / from your curious fights to the rising waters,
De ton cuir habile à la lime des os, / from your neat leather to the frontier of the bones,
Je la soulève et j’y découvre, sur ton front, / I heave it and I discover, on your forehead,

Des gouttes d’envie et, j’y découvre, ton nom. / drops of desire and, I discover, your name.

jeudi 14 juillet 2016

Un silence en quinconce. Un joli silence de soleil calme à la fenêtre, une brise moelleuse et tendre, crémeuse, se baladait, doucement, un silence. 

mardi 31 mai 2016




Maman : elle est de toi cette poésie aussi ? 

sa fille : non, de Aragon.

Maman : oui, enfin de toi quoi. 




lundi 30 mai 2016







"Ne sois pas triste, et j'arrêterai de m'excuser". 

Amen


Tristesse de la violette

Les multitudes qui travaillent
Ne rêvent pas à la mort du papillon
Ni aux tristesses des violettes
Ni au voile qui scintille
Sous la lumière de la lune verte des nuits d’été
Ni aux amours du fou avec son fantôme
Les multitudes qui travaillent
Qui se dépouillent
Qui se déchirent
Les multitudes qui fabriquent le bateau du rêveur
Les multitudes qui tissent les mouchoirs des amants
Les multitudes qui pleurent
Qui chantent qui souffrent
Tout autour de la terre
Dans les usines de fer, au fond des mines
Qui mâchent le soleil des morts certaines
Rient parfois aux éclats
Tombent amoureuses
Mais pas comme le fou d’un fantôme
Sous la lumière de la lune verte des nuits d’été
Les multitudes qui pleurent
Qui chantent qui souffrent
Sous le soleil de la nuit
Rêvent de leur pain quotidien.

Abdelwahab Al-Bayati (Irak)